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THIMOTÉ EST UN PETIT GARÇON DE 9 ANS, PLEIN DE VIE, SENTIMENTAL, CÂLIN, SPORTIF...

Un petit garçon comme les autres ! Il a une passion pour son grand frère, Thibault, son modèle, de 9 ans son aîné, ils sont très complices et s’adorent. Ils passent tous deux des soirées à dessiner. Thimoté est brillant à l’école, il fait du sport : du basket, de la boxe française. Il aime la nature, les animaux, les grandes promenades en forêt, la montagne.

Aux vacances de novembre 1994, Thimoté est très fatigué, il a un malaise et le médecin de famille diagnostique une petite dépression et une grande fatigue : quelques vitamines et du repos et il reprendra l’école en forme, dit-il.

Fin novembre, je suis appelée par la maîtresse, Thimoté tombe souvent, il oublie tout, parle trop vite, est très nerveux... Je suis inquiète mais je fais confiance au médecin. Une semaine plus tard, au cours d’une promenade, je vois Thimoté tomber vers un mur sans se protéger la tête ! Trop inquiète, je l’emmène aux urgences de l’hôpital. On ne me prend pas très au sérieux, mais on fait quand même quelques examens. Il est hospitalisé. On détecte un petit dysfonctionnement au niveau de l’électro-encéphalogramme, Thimoté est très nerveux, pleure souvent, il a des chutes de tonus importantes, le pédiatre décide de faire une ponction lombaire et là, quelques jours plus tard, le diagnostic tombe ! Thimoté a fait une rougeole à 8 mois, avant l’âge de la vaccination, et c’est le virus de la rougeole qui se réactive et commence à faire des dégâts au niveau du cerveau et du système neurologique. Les médecins ne nous disent pas le nom de la maladie !

Thimoté est transporté en neuropédiatrie à l’Hôpital Bicêtre pour que l’on puisse trouver un traitement afin d’essayer d’équilibrer les dysfonctionnements neurologiques. Aucun médecin ne nous parle de la maladie franchement, un professeur prononce quand même un nom « panencéphalite subaiguë sclérosante post-rougeole » et nous dit seulement que ce sera « long, lourd et difficile ». Aucun n’a été capable de nous dire où allait Thimoté — même s’ils le savaient ! —, c’est-à-dire vers un coma probable, des lésions irréversibles certaines, le handicap.

Entre janvier et avril 1995, Thimoté très conscient de sa maladie se bat, fait de gros progrès, il retrouve la lecture, l’écriture, il n’a presque plus de chute de tonus, et nous dit un jour : « La mort ne m’attrapera jamais, je cours trop vite ». Mais le 3 avril 1995, il fait une fièvre centrale très forte et tombe dans le coma, et là le verdict des médecins : « Thimoté n’en a que pour quelques jours ! Il est perdu ! » On m’a demandé l’autorisation de ne pas le réanimer en cas de problème, et l’on m’a dit de me préparer à sa mort... !

Au bout d’une dizaine de jours, Thimoté est là, se bat, je passe mes jours et mes nuits auprès de lui, (dans un fauteuil, on m’a refusé une chambre mère-enfant), je lui donne tous les soins qu’une infirmière ne peut pas donner à temps complet. À ma demande, en désaccord avec l’hôpital, Thimoté rentre à la maison en hospitalisation à domicile ; à partir de ce moment, il n’a plus jamais eu de fièvre.

Depuis, nous nous battons, Thimoté a fait de gros progrès puisqu’il est sorti de son coma quelques semaines plus tard, mais d’importantes lésions cérébrales sont là ; alors, nous avons réappris à manger, à communiquer, à vivre autrement. Thimoté est aujourd’hui un enfant polyhandicapé qui ne parle pas, ne marche pas. Il s’alimente sans problème de déglutition, il est très éveillé, il grandit (1 m 73). C’est un adolescent de 14 ans qui aime le chocolat, la musique, les promenades, les câlins... Il fréquente un centre d’éducation spéciale 4 jours par semaine, ce qui lui permet d’avoir une vie sociale avec d’autres enfants.

Interviennent à la maison, le reste du temps, des professionnelles de la santé extraordinaires : deux kinés, Françoise et Céline, le mobilisent, le verticalisent chaque jour ; deux orthophonistes, Virginie et Marie-Pierre, le stimulent par le goût, le son et le toucher, il fait d’énormes progrès.

Nous avons la chance d’avoir près de nous le Professeur Reinert de l’Hôpital Intercommunal de Créteil, et le Docteur Christian Mongin d’Évry, qui connaissent très bien cette pathologie, qui sont des médecins merveilleux, humains et chaleureux qui nous ont beaucoup aidés à la naissance de notre association L’Oiseau Bleu, et qui sont des médecins référents pour les autres enfants disséminés dans toute la France. Nous en connaissons aujourd’hui 25 sur une centaine, d’après les statistiques.

Même si la plupart du temps, le corps médical est assez négatif quant à l’avenir de nos enfants, et même si le handicap est un combat permanent, nous savons qu’avec beaucoup d’amour et de persévérance nous ferons des miracles avec nos petits.

Élizabeth Bonneau-Bréant,
Maman de Thimoté,
Présidente-fondatrice de L’Oiseau Bleu

Thimoté allait avoir quinze ans, c’était un petit garçon comme les autres, presque comme les autres.
Le cœur de Thimoté, après un long combat, a cessé de battre le 14 avril 2001 au matin. Thimoté a rejoint le paradis des oiseaux bleus. Notre petit ange sera toujours dans notre coeur. Nous, ses parents, son frère, ses amis, sa famille, avons été tellement fières de l'avoir accompagné et de l'avoir connu ... Il nous a aidé à nous surpasser dans notre vie quotidienne et à profiter de l'instant présent. Merci Thimoté ... Dors petit ange ...

 

 


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